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Planter des forets, ou de les gérer de façon
adéquate pour stocker une partie de l'excès
de CO2 atmosphérique reste un sujet de débat
hautement controversé.
Même si chacun s'accorde sur le fait que des boisements
massifs ne s’auraient régler l'intégralité
du problème les boisements sont économiquement
judicieux et permettent à cours terme de lutter
contre la déforestation et la lenteur avec laquelle
les énergies dites propres sont mises en place.
Séquestrer par voie biologique la totalité
du gaz carbonique existant signifierait de tripler le
contenu en carbone de la végétation et
des sols a l'échelle mondiale.
Il faut savoir que les écosystèmes forestiers
compensent pour à près d'un tiers le CO2
de l'atmosphère. Le bilan annuel d'une forêt
mature en termes d'absorption de CO2 est très
faible car la fixation de CO2 par photosynthèse
est compensée par les rejets de CO2 dus aux processus
de décomposition de la matière organique
(micro-organismes, champignons, insectes…).
Remplacer les forets par des prairies ou des cultures,
ou le carbone est plus rapidement recycle, conduit donc
à amoindrir ce mécanisme naturel de séquestration,
et amplifie l'augmentation du CO2 atmosphérique
crée par les émissions fossiles et la
déforestation elle-même.
Lorsque les forêts et les prairies naturelles ont été
transformées en terres agricoles, une grande partie
de la matière organique indigène du sol a été perdue
sous forme de CO2 libéré dans l’atmosphère. En revanche,
lorsqu’on modifie les pratiques agricoles de façon à
accroître la teneur du sol en carbone organique, le
phénomène inverse se produit, et le CO2 est retiré de
l’atmosphère et rendu au sol.
Ce processus s’appelle séquestration du
carbone. Parmi les pratiques agricoles qui tendent à
accroître la séquestration du carbone, mentionnons la
réduction du travail du sol, la restauration des terres
dégradées, une meilleure régie des pâturages et la réduction
des périodes de jachère. Ces pratiques ont en outre
l’avantage de d’augmenter la productivité du sol, d’améliorer
la qualité de l’eau de drainage des terres agricoles
et de créer un habitat plus propice pour les espèces
sauvages des zones agricoles. Ces pratiques constituent
donc pour l’avenir un facteur essentiel de durabilité.

Lors des négociations “climat”,
la prise en compte des puits de carbone a donné lieu
à des discussions serrées car ceux-ci ouvrent “des crédits”
venant en déduction des engagements quantitatifs de
réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi,
pour les opérations de reforestation, les règles définies
à Bonn en juillet 2001, puis entérinées à Marrakech
en novembre 2001, ont autorisé les pays signataires
à comptabiliser les puits de carbone jusqu’à une certaine
limite. De même, dans le cadre du mécanisme de développement
propre, les crédits d’émissions issus de projets de
reboisement dans les pays en développement ont été plafonnés
(globalement à 1 % des quotas d’émissions des pays ayant
pris des engagements).
Les puits de carbone (biomasse) sont "réversibles
" : c’est à dire que ces puits peuvent en effet
devenir des sources d’émissions, autant de par ses aspects
naturels (évolution de son cycle...) qu’induit par des
activités humaines, dont le changement climatique lui-même.
A cet égard, la séquestration est fondamentalement différente
de la réduction des émissions. Si les émissions sont
réduites, même temporairement, alors les gaz à effets
de serre n’iront jamais dans l’atmosphère. D’autre part,
si le dioxyde de carbone est stocké puis relâché, le
bénéfice net pour l’atmosphère est de zéro. Cela veut
dire que pour profiter au système climatique, le carbone
séquestré doit être soit stocké à jamais, soit "racheté
" en terme d’unité de réduction d’émissions supplémentaire
ou par la prévision de séquestration supplémentaire
dans le futur..
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